Salon des refusés: La peinture en 1863 ( Edition intégrale ) annoté
Aux époques où le quart d’heure de l’Exposition des tableaux approche, les peintres grouillent, s’agitent, se trémoussent, fouillent dans leurs ateliers et n’y trouvent rien ou presque rien. Tous les jours, deux mois avant le dernier moment, ils complotent de travailler et d’accoucher de grandes œuvres. Mais ces gigantesques complots avortent et s’épanchent dans les petits cerveaux des peintres. Il ne résulte de tout cela que des discussions. La discussion est tout à la fois le fort et le faible des peintres. Non, les discussions ne sont pas le seul résultat de tant d’efforts quand il n’est plus temps: il arrive aussi que les tableaux sont manqués, mal faits, pas faits et mauvais pour la plupart.
Fatigués de voir péricliter l’Art qu’ils n’avaient pas porté bien haut, les peintres, membres du jury, croient qu’ils deviennent sévères. Ils le croient aussi, les peintres qui courent, c’est-à-dire qui veulent être exposants. Bien des tableaux qu’on a vu se diriger à pied et en voiture, sur des crochets ou des brancards, sont forcés de reprendre le chemin de l’atelier natal.
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