Patron Grognon, Assistant Soleil: Une romance de bureau MM entre ennemis et amants
Auggie Solano arrive au quatorzième étage un lundi d'octobre avec un sac fourre-tout, un café qu'il a payé lui-même parce qu'il ignore encore où se trouve la machine, et l'intention parfaitement sincère de faire correctement un travail que personne n'a jamais fait correctement chez Merrow.
L'open space ressemble à une cellule de crise. Écrans partout, tableaux blancs saturés, cette chaleur particulière d'une pièce remplie de machines qu'on n'a pas éteintes depuis des semaines.
Auggie aime ça. Il aime même l'odeur.
C'est là son principal défaut, du point de vue de l'homme qui dirige l'étage.
Cormac Brandt n'est pas un homme facile à aimer. Il le sait.
Il a bâti sa vie autour de ce fait avec une rigueur d'ingénieur : des systèmes qui fonctionnent, des marges qui tiennent, une porte de bureau qui reste fermée. Il ne crie pas. Il ne s'excuse pas non plus. Il attend simplement que les gens partent, comme ils finissent toujours par le faire, et il a cessé depuis longtemps de prendre cela personnellement.
Auggie ne part pas.
Il réorganise l'arborescence des dossiers. Il apprend en quatre jours à quelle heure Cormac oublie de déjeuner. Il pose des questions auxquelles personne, dans cette entreprise, n'a osé répondre à voix haute — puis il continue de venir, chaque matin, avec cette insistance douce et absolument imperturbable des gens qui ont décidé que vous valiez la peine.
Et un homme qui a passé quinze ans à contrôler chaque variable de son existence découvre, lentement, la seule qu'il ne peut pas modéliser.
Une levée de fonds. Un conseil d'administration qui observe. Un investisseur qui pose la mauvaise question au mauvais moment.
Ce qui se passe entre eux ne figure dans aucun système. Ça ne devrait pas exister — pas à cet étage, pas avec ce déséquilibre, pas quand tout ce que Cormac a construit dépend de sa capacité à rester exactement l'homme qu'il a toujours été.
Puis, un samedi matin à neuf heures et quart, une sonnerie retentit dans un appartement où elle n'aurait jamais dû retentir.
Et l'homme qui ne frappe jamais aux portes se retrouve devant une porte fermée, à attendre qu'on lui ouvre.
Romance de bureau MM à combustion lente : patron grognon et assistant soleil, proximité forcée, tension professionnelle, et deux hommes qui découvrent que la seule chose impossible à optimiser, c'est le fait d'être vu tel qu'on est.
Fin heureuse garantie, sans cliffhanger. Roman autonome dans l'univers Merrow.
Certains hommes ferment la porte pour se protéger. Il en faut un très patient pour rester devant — et frapper quand même.
Contacter le commerçant pour commander :