Confessions d'un regard déraciné
Ce livre est la maison que je fuis et vers laquelle je reviens. Un seul pas, une fissure dans la glace, et tout bascule. De ce craquement sourd émerge une descente vertigineuse : celle d'une femme qui arpente sans relâche les couloirs de sa propre douleur, piétinant les éclats de celle qu'elle était autrefois. Entre la terreur de l'immobilité et la frénésie de la fuite, entre le marécage des erreurs passées et la moelle raclée jusqu'à l'os, Confessions d'un regard déraciné est un voyage intérieur sans concession. L'auteure y pratique une autopsie sur sa propre peau vivante, en décollant les couches d'habitudes, en défaisant les points de suture d'une identité forgée pour plaire, pour être vue, pour exister aux yeux des autres. Car vivre sous le regard des autres, c'est habiter une maison des miroirs où l'on ne trouve jamais son propre visage. C'est se sculpter soi-même en raclant sa moelle même pour satisfaire un appétit qui ne s'éteint jamais. Jusqu'à l'effondrement, la mort silencieuse et nécrotique de l'ego, et cette décision irrévocable : ne plus jamais reconstruire la façade. Puis, au milieu des décombres, quelque chose d'innommable commence à s'agiter. Une ombre, une forme, une possibilité trop vaste pour être contenue par un nom. Et l'amour, ce courage terrifiant et sans loi qui te pousse à marcher, en saignant, vers la fournaise de l'inconnu. Un recueil de prose poétique brute et viscérale, où chaque mot est une cicatrice et chaque souffle un acte de résistance.
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